Notions fascias

Explication anatomique des fascias:

La fasciathérapie vient du préfixe fascia.

Les fascias sont des membranes ( tissus conjonctifs* fibro-élastiques ), composées de 2 protéines fibreuses procurant de la résistance ( collagène ) ou de la souplesse ( élastine ), qui enveloppent tous les éléments du corps ( prolongements, replis, extensions… ):

*tissus de soutien.

  • muscles: fascias myotensifs,
  • organes: capsules – foie – rate – rein – thymus…,
  • glandes: capsules – surrénales – thyroïdienne – prostatique – ganglions lymphatiques…,
  • viscères: péricarde/coeur, plèvre/poumon, péritoine/ventre…,
  • os: périoste,
  • vaisseaux,
  • nerfs;

les reliant entre eux comme une toile d’araignée, de la surface à la profondeur.

Ils représentent environ 15% de la masse corporelle.

En histologie, les fascias sont issus d’une même famille embryonnaire: le mésoderme.

Voici quelques notions de physiologie sur les fascias:

Le fascia superficiel ( la couche sous-cutanée, hypoderme ) se trouve directement sous la peau. Il est composé de tissu conjonctif lâche ( moins de collagène ). Il remplit quatre fonctions importantes:

a) il emmagasine de l’eau et de la graisse,

b) il forme une couche isolante qui empêche la perte de chaleur corporelle,

c) il protège des chocs extérieurs,

d) il permet aux nerfs et aux vaisseaux sanguins d’entrer et de sortir des muscles, il contient le réseau des veines superficielles et des lymphatiques et est traversé par les artères et nerfs cutanées.

Le fascia profond est un tissu conjonctif dense ( 3 couches*, plus de collagène et de l’élastine ) qui tapisse la paroi du corps et les membres. Il maintient les muscles ensemble et les sépare en groupes fonctionnels**. Il permet le libre mouvement des muscles, transporte des nerfs de même que des vaisseaux sanguins et lymphatiques, et remplit les espaces entre les muscles. Il génère une conduction du tonus et du mouvement pour les muscles entre eux, de façon réflexe et une harmonisation des fonctionnements musculaires en chaînes.

* 1° épimysium ( epi = sur ): entoure tout le muscle, 2° périmysium ( peri = autour ): délimite les faisceaux musculaires, 3° endomysium ( endo = en dedans ): enveloppe chaque fibre musculaire.

** septum intermusculaire qui délimite des loges: 2 pour le bras, 3 pour la jambe.

Le fascia postérieur joue un rôle postural très important de la verticalité en debout.

La fasciathérapie englobe dans sa pratique d’autres tissus conjonctifs fibreux denses, caractérisés au plan morphologique par une prépondérance des fibres de collagène orientées axialement et regroupées en faisceaux très épais, adaptés à la transmission des forces et/ou de contraintes mécaniques:

  • tendons,
  • ligaments,
  • capsules et gaines synoviales: les synoviales sont des tissus conjonctifs qui secrètent un liquide synovial qui lubrifie les surfaces articulaires et facilite ainsi le glissement lors de mouvements ( capsules articulaires ), qui favorise le mouvement des tendons de certains muscles ( gaines tendineuses ).
  • etc.

Les fascias sont dans leur état normal d’une consistance souple, élastique et fluide.

A la suite d’une succession d’événements comme:

  • choc physique ( macrotraumatisme ou microtraumatisme ),
  • blessure, chute, accident, torsion, port de poids,
  • opération chirurgicale ( reconstruction fascia(s) ),
  • prothèse, ostéosynthèse, arthrodèse,
  • position maintenue et gestes répétitifs d’ordre professionnel ,
  • activité physique intense ou excessive, changement de rythme, effort inhabituel,
  • en sport: musculation mal conduite, mauvaise réception, qualité d’impact au sol, etc,
  • mauvaises habitudes posturales, troubles morphostatiques, déséquilibres posturaux,
  • impact de certaines affections comme la scoliose,
  • modification du cadre osseux, même minime: congénitale, accidentelle, opératoire,
  • amyotrophie ( fonte musculaire ) suite à immobilisation pas récupérée à 100%,
  • etc;

ils deviennent dures, rigides et tendus et font perdre au corps la capacité de s’adapter à toute atteinte extérieure.

Par exemple, des contractures musculaires intenses vont créer au niveau des fascias à l’intérieur et entre les muscles une tension fasciale persistante dans le temps. ( Les contractures musculaires vont disparaitre, à l’inverse des tensions des fascias qui vont rester.)

Des tensions musculaires chroniques, un manque de sollicitation en allongement va fixer le tissu fascial dans une position courte ( rétraction fasciale ).

On appelle cela les crispations des fascias durables, que la fasciathérapie est à même de régulariser de façon très spécifique.

Ce sont via les fascias que se propagent les tensions, ce qui explique pourquoi, par exemple, une douleur de genou peut provenir d’un déséquilibre du bassin, une rachialgie chronique peut être rattachée à une malocclusion dentaire ( principe des chaînes fasciales ). Le corps essaye de compenser de lui-même, par exemple, une déchirure musculaire importante peut se retrouver dans des tensions fasciales à distance à d’autres parties du corps qui n’ont en apparence aucun lien, au delà d’un an après la blessure sportive.

Plus le nombre de fascias crispés est élevé, moins le corps aura la possibilité de gérer une nouvelle agression, avec donc une capacité d’adaptation réduite.

En général des tensions anormales des gaines musculaires ( fascias myotensifs ) vont entraîner une rétractation du muscle, donc plus court, qui va tirer anormalement sur:

  • le muscle proprement dite par des faisceaux musculaires indurés localement,
  • les tendons du muscle,
  • les gaines du tendon du muscle,
  • l’origine et/ou la terminaison du muscle sur les os ( enthèse ),
  • sur une vertèbre avec un dérangement intervertébral mineur (DIM), puis parfois une compression d’une racine nerveuse,
  • une articulation avec adhérence et rétractation des systèmes capsulaires,
  • etc.

En cas d’impact sur le cadre osseux:

  • sur les ligaments qui relient les os entre eux.

Pour les fascias en relation avec un organe:

  • dysfonctionnement de l’organe.

Pour les fascias en relation avec le système vasculaire:

  • activité de la pompe musculo-veineuse freinée ( retour veineux ).

Etc.

Ce processus peut être à très court et/ou court et/ou moyen et/ou long terme; à l’origine d’un symptôme, d’une inflammation, d’une douleur ; de manière – locale ( par exemple: au sein d’une articulation: épaule ) – loco-régionale ( par exemple: au sein d’un membre supérieur gauche: épaule-coude ) – régionale ( par exemple: ceinture scapulaire ) – générale ( sur tout le corps: de la tête aux pieds ), du faite de la liaison anatomique et fonctionnelle, qui existe intimement entre chaque fascia.

Le délai d’apparition de la douleur ( d’origine inflammatoire ou non inflammatoire) est variable: immédiatement, quelques heures , plusieurs jours ou parfois mois.

ATTENTION A UNE DOULEUR QUI PARAIT ANODINE, MAIS QUI NE PASSE PAS: LES CONSEQUENCES SUR LES FASCIAS PEUVENT ETRE IMPORTANTES.

En cas de gros traumatisme, comme un accident en sport à risque, le corps peut garder au niveau de certains fascias la mémoire de la souffrance pendant plusieurs mois ou années, sans s’en apercevoir et la douleur peut se réveiller un jour.