Exemple concret

Cas clinique en cabinet:

Résumé de l’entretien préliminaire:

Affection:

Algoneurodystrophie (AND): ( côté droit )

Terminologie en rhumatologie: Syndrome Douloureux Régional Complexe (SDRC) de type 1.

Patiente de 53 ans.

Secondaire ( cause traumatique ) en phase « froide », syndrome douloureux loco-régional.

Antécédent de syndrome du tableau de bord avec écrasement de la rotule ( traumatisme à haute énergie ), gonarthrose en conséquence de séquelle de fracture de la rotule.

3 opérations ( 1° ostéosynthèse, 2° resurfaçage rotulien, 3° prothèse totale du genou (PTG) ).

AND depuis 14 mois suite PTG ( 1 mois après ).

Examens complémentaires:

Scintigraphie osseuse: présence arthrose à diverses articulations.

Radiographie genou de contrôle après chirurgie ( 2° opération ): arthrose fémoro tibial interne et externe très évoluée avec pincement des interlignes articulaires… ostéophytose des plateaux tibiaux, des épines tibiales et des condyles fémoraux… pincement de l’interligne fémoro patellaire avec volumineuse ostéophytose patellaire, pas d’épanchement intra articulaire évident…

Radiographie genou après PTG: tout est normal, interlignes respectées.

Signes paracliniques:

La radio simple, au début, est normale ou montre un gonflement des parties molles. Au bout d’1 à 2 mois, il apparait une déminéralisation osseuse typique, loco-régionale de tous les os de l’articulation touchée ou parfois très localisée, par son alternance de zones déminéralisées et normales: aspect moucheté.

La scintigraphie osseuse objective une hyperfixation loco-régionale, précédant les signes radiologiques.

Tableau clinique:

Il se déroule en général en 2 phases: phase « chaude » de début puis phase « froide ».

La phase « chaude » est caractérisée par:

  • des douleurs de l’articulation touchée, déclenchées par les mouvements ou la mise en charge et la pression locale, mais parfois plus intenses, permanentes et persistantes souvent la nuit,
  • une impotence fonctionnelle liée aux douleurs,
  • un aspect pseudo-inflammatoire local: tuméfaction oedomateuse loco-régionale, augmentation de la chaleur locale, peau moite et parfois rouge.

La phase « froide », succédant à la précédente après plusieurs semaines ou plusieurs mois est marquée par:

  • la persistance des douleurs, avec parfois une hyperesthésie cutanée,
  • souvent l’aggravation de l’impotence fonctionnelle,
  • la persistance d’un gonflement oedomateux de la zone touchée, avec troubles trophiques: hypothermie locale, érythrocyanose, peau fine,
  • parfois des anomalies des phanères sur la zone intéressée,
  • sensation d’instabilité avec peur de la chute,
  • surtout tendance à la rétraction capsulo-ligamentaire et aponévrotique, avec un enraidissement articulaire progressif.

En réalité, l’AND peut se présenter de multiples façons: phase « froide » d’emblée ou phase purement « chaude », ou alternance de phase « froide » et de phase « chaude ». Cela peut durer plusieurs mois, en général 3 à 6 mois, pour un maximum de 12 à 24 mois.

Traitement médicamenteux:

Prescription réalisée par le médecin traitant généraliste de Marseille (13):

Antalgiques ( peu d’effet ),

Infiltration calcitonine ( léger mieux ).

Kinésithérapie en centre de réadaptation fonctionnelle de Valmante à Marseille (13):

Rééducation du genou prothétique post-opératoire.

Symptômes:

Persistance des douleurs.

Aggravation des difficultés à la marche, flexion réduite ( montée escaliers peu aisée ).

Persistance d’un gonflement oedémateux.

Enraidissement articulaire en stade sans séquelle.

Douleurs:

Genou ( la plus marquée ), jambe, dessus et dessous du pied, lors du passage de la position assise à debout.

Bilan en fasciathérapie ( aperçu de l’examen palpatoire ):

Rétractions aponévrotiques et tendineuses, confirmation – de l’entretien clinique ( symptômes et douleurs ) – du diagnostic établi de l’AND par le médecin spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie de Marseille (13).

Traitement en fasciathérapie:

Fascias examinés, traités et normalisés:

Ligaments du genou:

rééquilibrage ligamentaire / PTG,

latéraux interne (LLI) et externe (LLE), antéro-latéral (LAL),

croisés antérieur (LCA) et postérieur (LCP) dans la mesure de leurs conservations / PTG,

patellaire,

collatéral fibulaire et tibial,

structures ligamentaires de voisinage,

capsule articulaire,

rénaticulum patellaire latéral et médial,

tendon du muscle quadriceps fémoral,

fascias lata, jambier, poplité, crural,

tractus ilio-tibial,

membrane interosseuse (MIO) de la jambe,

septum intermusculaire de la jambe,

aponévroses muscles de la hanche ( par exemple: tenseur du fascia lata ), de la cuisse ( par exemple: quadriceps fémoral, adducteurs ),

périoste fémur, tibia, fibula ( péroné), rotule,

fascias myotensifs membre inférieur droit / gauche et bassin pour équilibre de la statique et de la marche,

/ circulation et micro-circulation sanguine ( suivant le trajet des veines, par exemple: veines petite et grande saphène, tibiale antérieure ), système nerveux orthosympathique en parallèle avec le système veineux et lymphatique du membre inférieur,

/ pompe musculo-veineuse du retour sanguin veineux: pompe – respiratoire ( diaphragme ) – plantaire et muscles mollets,

/ lutte rétractions – aponévrotiques et tendineuses – capsulo-ligamentaires, enraidissement articulaire progressif,

/ règle de la non-douleur,

/ équilibrage tensionnel fascial entre les systèmes extenseur ( quadriceps fémoral ), fléchisseur ( ischio-jambiers ) et stabilisateur ( triceps sural ).

/ possibilités de glissement des différents muscles les uns sur les autres, donc bien individualiser leurs actions, réduire ainsi le phénomène d’adhérence des aponévroses musculaires entre-elles et accroître les amplitudes des mouvements,

suivant une stratégie de traitement, tenant compte d’un ordre des priorités anatomique, physiologique et pathologique.

Nombre de séances:

2 séances à 1 semaine d’intervalle. ( jamais consultée en fasciathérapie )
Résultat:

- suite 1° séance: douleur genou complètement disparue, marche beaucoup mieux, genou désenflé.

- suite 2° séance: AND complètement disparue.

Suivi en fasciathérapie:

1 séance 6 mois plus tard: tendon rotulien trop court, flexion à 35-45°, en prévision d’une arthrolyse arthroscopique ( choix par rapport à mobilisation sous anesthésie générale ).

Bilan fascia: tensions myofasciales  du  muscle quadriceps fémoral droit ( plus fortes / à la normale / au même muscle à gauche et encore fortes / traitement précédent ), bon fonctionnement de la pompe musculo-veineuse.

Opération très bien réussie en rallongeant le tendon rotulien: flexion à 90° avant rééducation kiné, bonne action préventive de la fasciathérapie: pas d’algoneurodystrophie.

Appréciation de la patiente:

La patiente a bien souligné la bonne action sur la douleur, la résolution des symptômes, le gain de mobilité articulaire, la préparation pré-opératoire; en remarquant bien le bénéfice supplémentaire de la fasciathérapie, vis à vis de sa très bonne prise en charge par des kinésithérapeutes spécialisés en centre de réadaptation fonctionnelle donnant entière satisfaction.

Une action très ciblée anatomiquement sur certains fascias et un protocole de traitement ajusté en fonction des données cliniques, procurent à la fasciathérapie une complémentarité intéressante à la kinésithérapie et une chance supplémentaire de ne pas avoir de séquelle, si cela est pris à temps en médecine traditionnelle ( kiné ) et en médecine douce ( fascia ).